jeudi 22 avril 2010

lu dans le métro

Les habiles, les jongleurs de mots, sont plus éloignes de la poésie 
que cet homme qui, sans parole aucune, se défait de sa journée, le 
regard tourné vers un arbre ou le coeur attentif à la voix d'un ami.


Andrée Chédid

Posté par graelizia à 17:13 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur lu dans le métro

  • danger confort

    "Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui - sans parole aucune - se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à la voix d'un ami"

    fait quand même réfléchir


    C’est curieux ce statut poétique à part.

    Pourquoi pas la peinture ? La danse ?

    Pourquoi Andrée Chédid n'écrirait-elle pas :

    Les habiles, les sculpteurs de gestes, sont plus éloignés de la danse (…) que cet homme etc.

    Les habiles, les agenceurs de couleurs sont plus éloignés de la peinture (…) que cet homme etc.


    dire à Andrée Chédid ceci :

    “cet homme qui – sans parole aucune – se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à un ami”

    qui se défait de quoi au juste, quelle était cette journée


    peut-être bien d’une journée épuisante, parce que justement c’est un poète :
    une journée passée à poursuivre cet accord de mots, cette jonglerie de syntaxe, cette habileté de paroles tout à fait hors d’improvisation… insaisissable.


    L'habileté et la jonglerie sont respectables (cf l'art du cirque), ils peuvent être une jolie conquête, pourquoi leur maîtrise ne ferait-elle aussi bien partie de la quête poétique au service de l'émotion

    Enfin, quant à celui qui se défait de sa journée et qui n’est pas forcément poète, alors…


    Qu’il parle à un ami, premier apaisement, ou qu’il regarde un arbre, deuxième délivrance, peut-être aura-t-il une troisième joie encore, celle de trouver dans un poème, dans un bel accord de mots, la peine et le travail qu’il a dépensés dans sa journée, changés en grâce

    si joliment qu'il n'y aurait jamais pensé, tout près de la poésie qu'il soit

    Posté par sapphia, jeudi 24 juin 2010 à 10:02 | | Répondre
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